Baelo Claudia, une cité romaine de Bétique

L’agglomération antique de Baelo se situe dans la baie de Bolonia, au cœur du détroit de Gibraltar, à la pointe méridionale de l’Espagne, sur le territoire de la commune actuelle de Tarifa (province de Cadix, Andalousie). Strabon signale qu’elle fut sous l’Empire le principal port d’embarquement pour Tanger, ainsi qu’un important centre de production de salaisons de poissons (Géographie, III, 1-8). Ses vestiges occupent une superficie d’une dizaine d’hectares intra-muros. Les premières occupations dans la baie remontent au IIe siècle av. J.-C., mais la première véritable agglomération date probablement de l’époque augustéenne (Sillières 1995, 53). Cette petite cité de Bétique obtint vraisemblablement sous le règne de Claude le statut privilégié de municipe romain. À partir de cette date, la ville fut dotée d’une nouvelle parure monumentale (fig. 1). Au IIIe siècle, des traces de ruines des édifices antérieurs, probablement liées à un séisme, ont été constatées. La ville se transforme alors mais ne disparaît pas et l’occupation se maintient longtemps après la fin de l’administration provinciale romaine en Hispanie, jusqu’à la fin du VIe siècle voire au début du VIIe siècle apr. J.-C, au cœur de la période wisigothique, quand elle est définitivement abandonnée. Son abandon au début du VIIe siècle a permis une bonne conservation de la ville antique, ce qui en fait un jalon essentiel dans notre connaissance de l’urbanisme des cités romaines de la péninsule Ibérique, et de l’Occident romain.

Les archives de Baelo Claudia : présentation générale

Bénéficiant d’une approche interdisciplinaire et d’une dimension internationale, le projet ArchivesBaelo a pour objet la conservation, l’archivage, la numérisation et la valorisation de la documentation archéologique française produite entre 1917 et 2017 par les chercheurs liés à la Casa de Velázquez (Madrid), sur le site antique de Baelo (Tarifa, Cadix). L’idée est de regrouper les documents aujourd’hui dispersés dans différents fonds sur une même base numérique, afin de constituer un réservoir de données scientifiques. Les ensembles d’archives conservés à la Casa de Velázquez et à l’Institut de recherche sur l’architecture antique (Pau) sont constitués d’une grande variété d’éléments papier qui représentent huit mètres linéaires. Les tâches sont : intégrer les nouveaux versements, poursuivre et finaliser la numérisation des fonds détenus par des institutions françaises, récupérer et mettre en forme les métadonnées des institutions espagnoles, déposer les fichiers numérisés dans Nakala, mettre à disposition des chercheurs mais également du public un instrument de recherche sous AtoM et parallèlement développer une plateforme numérique bilingue permettant d’éditorialiser l’ensemble de la documentation archéologique du site de Baelo. A l’issue du programme (à l’horizon 2022), l’objectif est d’intégrer ce corpus dans l’espace « chantiers de fouilles » de la future Perséide des Écoles françaises à l’étranger.